

REVUE - Par Emmanuelle Bouchez
Silhouette rampante au sol, luttant de manière élastique comme pour s’extirper de sa gangue, Sarah Adjou nous offre, dans son solo, un saisissant préambule. Enrobée dans un bustier couleur poudrée, elle affiche d’abord un corps neutre qui pourra se fondre ensuite dans toutes les images qu’on attend d’elle. Tel est le sort de la danseuse de « revue » qui doit fournir tant d’effort et toujours afficher le sourire derrière son rouge à lèvres brillant.
Dans sa traversée-florilège des codes — du french cancan à ceux du tango en passant par la comédie musicale made in USA —, Sarah Adjou réussit le pari paradoxal d’assumer l’intensité rythmique et la technique haut la jambe, tout en laissant entrevoir la fragilité d’une femme qui danse. Subtilement éclairée, accompagnée de quelques accessoires marquants — les chaussures à talon ! — et soutenue par une bande-son travaillée de Romain Vasset où surgissent par à-coups certains standards (de All That Jazz à New York New York), Sarah Adjou raconte une partie de l’histoire de son art, en revendiquant la liberté d’en aimer toutes les expressions.
TTT Jusqu’au 22 juillet, Train Bleu, 11h, jours pairs. 45 mn. Rés. : theatredutrainbleu.fr